"Il faut, chaque jour, ordonner le Qi et nourrir le corps. Et, ce qu'il y a de plus efficace à cet effet, ce sont les massages et les exercices de santé appopriés"
« Le corps a besoin de mouvements modérés. En le remuant et le balançant de droite et de gauche, le souffle issu des céréales est convenablement réparti et assimilé. Le sang circule bien, et les maladies ne peuvent pas naître. Il en est du corps humain comme du gond d'une porte qui ne rouille jamais… »
Annales des Han postérieurs
"Il faut, chaque jour, ordonner le Qi et nourrir le corps. Et, ce qu'il y a de plus efficace à cet effet, ce sont les massages et les exercices de santé appopriés"
HUANG
(Wieger 24 L) Jaune, la couleur de la terre labourée
(Ricci 2235) Jaune, ocre (une des cinq couleurs, couleur de la terre, couleur de l’empereur et de la famille impériale
Le jaune n’est pas uniquement associé à HUANG DI mais aussi à tous les empereurs qui lui succéderont. Cette couleur se rattache à la terre chinoise de couleur ocre associée au centre ; les chinois se voyant au centre du monde, d’où la dénomination de la Chine comme l’empire du milieu.
DI
(Ricci 4815) Souverain, empereur, monarque, divinité, dieu, le souverain du ciel, le ciel (personnifié)
(Wieger 120) L’empereur, celui qui gouverne l’Empire.
HUANG DI ; FONDATEUR DE LA CIVILISATION CHINOISE
Le Da Zhuan [1](chapitre II histoire de la civilisation) décrit l’œuvre civilisatrice de HUANG DI après duquel nous trouvons deux autres personnages ; YAO et CHOUEN. Chacune de leurs inventions ; des idées maîtresses comme le souligne Wilhelm, leurs ont été inspirées par les sens contenus dans les hexagrammes. Ces idées maîtresses forment le début d’une civilisation ;
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INVENTIONS |
HEXAGRAMME A L’ORIGINE |
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Les vêtements |
LE CREATEUR et le RECEPTIF |
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Les bateaux et les rames |
LA DISPERSION |
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La domestication des animaux (boeuf et cheval) |
LA SUITE
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La protection contre les voleurs |
L’ENTHOUSIASME |
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Le pilon et le mortier |
LA PREPONDERANCE DU PETIT |
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L’arc et les flèches |
L’OPPOSITION |
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La poutre faîtière et le toit |
LA PUISSANCE DU GRAND |
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Le culte des ancêtres |
LA PREPONDERANCE DU GRAND |
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L’écriture |
LA PERCEE |
HUANG DI INAUGURE LES DYNASTIES CHINOISES
A.Cheng fait remarquer que le Lüshi Chunqiu ou printemps et automne du sieur LÜ met en relation les cinq éléments et les dynasties chinoises inaugurées par HUANG DI. La succession de ces dynasties suit le cycle Wu dit de conquête. « Une dynastie est remplacée par une autre lorsque sa puissance ou vertu s’épuise »[2]
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LES PREMIERES DYNASTIES CHINOISES |
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DYNASTIES |
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XIA |
SHANG |
ZHOU |
QIN |
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EMPEREURS |
HUANG DI |
DA YU |
TANG |
WEN WANG |
QIN SHI HUANG DI |
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COULEURS |
JAUNE |
VERT |
BLANC |
ROUGE |
NOIR |
CYCLE WU ET SUCCESSION DES DYNASTIES
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Dynasties |
Empereurs |
Eléments |
Cycle de conquête 1er image |
Cycle des nomades[3] 2ème image |
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HUANG DI |
TERRE |
L’eau est endiguée par la terre |
Absorbée par la terre, occupation du terrain conquis |
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XIA |
DA YU |
BOIS |
La terre est labourée par le bois |
Compensations versées par le vaincu, les rançons, les troupeaux paissant dans la plaine, mais aussi le vent tournoyant des conquêtes futures |
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SHANG |
TANG |
METAL |
Le bois est coupé par le métal |
Sabre, hallebarde, lance, flèche, conquête agressive |
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ZHOU |
WEN WANG |
FEU |
Le métal est fondu par le feu |
Incendie destruction par le feu du campement ou de la ville adverse |
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QIN |
QIN SHI HUANG DI |
EAU |
Le feu est éteint par l’eau |
Désolation destruction du système d’approvisionnement en eau anéantissement des digues |
Le cycle WU de violation serait antérieur aux cycles d’engendrement SHENG et aussi à celui de contrôle KE. En combinant la représentation des quatre saisons avec la succession des dynasties, on obtient selon A.Cheng le cycle d’engendrement des cinq éléments encore appelé le cycle des sédentaires. A partir des Han, la dynastie qui suit celle des Qin, est associée au bois.
Toujours selon A.Cheng, le cycle d’engendrement qui commencerait avec les Han serait une combinaison des quatre saisons (représentation spatiale des saisons et des éléments) et du cycle WU (représentation dynamique des cinq éléments)
Fait remarquable, dans la forme de yi yin fa du Ling Bao Ming de l’école San Yiquan, les premiers exercices de la série "Ciel" de ces yi jin fa utilisent cinq sons associés chacun à un élément, ces sons se succèdent dans l’ordre du cycle WU, les exercices qui les suivent dans cette même série utilisent les mêmes sons en suivant cette fois l’ordre du cycle SHENG (cycle d’engendrement) Qu’en conclure de ce constat ? L’enracinement de cette école dans l’histoire chinoise… Une parfaite similitude avec l’adaptation de l’humain aux phénomènes de la nature (le Qi, le Yin et le Yang, les cinq éléments Wu Xing)...
HUANG DI ET LE NEI JING SU WEN
HUANG DI serait à l’origine du Nei Jing Su Wen dans lequel est exposé la théorie de l’énergétique chinoise sous la forme de questions/réponses entre un maître QI BO et HUANG DI lui-même. HUANG DI expose les raisons qui l’ont poussé à écrire ou faire écrire ce texte.[4]
« Houang-Ti s’adresse à Tch’i Pai :
Moi qui suit le chef d’un grand peuple
Responsable d’une multitude de familles,
Et qui devrais donc en percevoir les impôts,
Je constate avec affliction que je n’en perçois point
Parce que mon peuple est malade.
Je veux que l’on cesse d’administrer des remèdes
Qui rendent mon peuple encore plus malade.
Je veux que l’on abandonne les Pien Cheu
Pour n’employer désormais que les aiguilles de métal
Que l’on pique dans les Tching[5]
Afin d’agir sue les Sueh et le Tch’i[6]
Et d’en rétablir le bon équilibre
Afin que cet art puisse être transmis aux générations futures
Il faut que ses lois soient définies
Que sa pratique se développe et s’étende sans cesse
Qu’on ne l’oublie surtout pas
Et qu’elle devienne facile à appliquer.
Il faut donc consigner ses règles par écrit
Il faut en marquer les différences
Distinguer les internes et les externes
Et que chacune soit exprimée clairement
Sans oublier les règles de manipulations des aiguilles
Tel est mon sentiment. »
C’est un manifeste d’un souverain qui décide fermement que l’acupuncture doit prendre une place importante et que ce texte ; Nei Jing Su Wen devienne la référence pour les générations futures.
HUANG DI ; L’ANCETRE
Un culte est encore donné à HUANG DI de nos jours, un mausolée lui est consacré à Huangling dans le Shaanxi au nord-ouest de la Chine. Interdit pendant la révolution culturelle, il est autorisé depuis 1979. Les chinois viennent honorer leurs ancêtres et donc leur ancêtre HUANG DI au cours de la fête traditionnelle de Pure-Clarté, occasion de manifester sa piété filiale et son respect envers les ancêtres en la personne de HUANG DI. Durant l’histoire chinoise, de nombreux empereurs des dynasties chinoises lui ont fait hommage, imités ensuite par les représentants du gouvernement chinois communiste.
SOURCES :
Histoire de la pensée chinoise A.Cheng
Les barbares et la Chine article revue Tao Yin par Josie Pin
Nei Tching Sou Wen trad. Lavier
« Tableau de dao yin » (extrait) Tombeau de Mawangdui IIème siècle av.J.-C.
Si aujourd’hui on regroupe habituellement sous l’expression qi gong[1] l’ensemble des méthodes de santé chinoises, il n’en a pas été toujours ainsi, ces pratiques se sont présentées sous une grande variété d’appellations, certaines subsistent encore de nos jours, les techniques de dao yin ou tao yin en sont un exemple. Voici un lexique non exhaustif de procédés qui visent la protection physique, l’entretien de la santé, le prolongement de la vie, et même l’immortalité, et possèdent en outre une dimension spirituelle !
Technique respiratoire qui consiste à concentre son souffle sur la région du dantian inférieur localisé en dessous du nombril.
« …S’appliquer à ce que l’air inspiré, converti en âme aérienne, anime ce composé, et le conserve intact comme l’enfant qui vient de naître…»[2]
ou encore « …S’il dompte sa force vitale et la rend extrêmement souple, il pourra être comme un nouveau né… »
et aussi « …Peux-tu, en concentrant ton souffle, devenir aussi souple qu’un nouveau né… »
Lao Zi chapitre X Dao De jing IIIème- IIème av. J.-C.
C’est ainsi que Zhuang Zi (369-286 av. J-C) décrit la gymnastique respiratoire de longévité de Peng-t’sou dans son chapitre XV.
« Qui expire et aspire en soufflant fort et en soufflant faible, qui crache l'air vicié et absorbe l'air frais » Zhuang Zi chapitre XV
«… Qui se suspend comme un ours et s'étire comme l'oiseau, celui-là ne recherche que la longévité… » Zhuang Zi chapitre XV
Ensemble de procédés complexes d’influence taoïste dont les techniques de souffle (rétention, expulsion, conduite, circulation, fonte dont respiration embryonnaire tai xi), les gymnastiques, ces méthodes s’associaient à d’autres pratiques telles que l’abstinence des céréales, des régimes diététiques,[3]et aussi prières, grincements de dents, méditation, exercices de vision intérieure, formules magiques, emploi de talismans, et d’autres recettes encore.
Ces deux termes désignent le massage chinois composé de multiples manœuvres possédant une action circulatoire et éliminatoire
Le « Huang-di Nei-Jing su wen » (Questions fondamentales du livre classique traitant de l’interne) décrit les massages, mobilisations et gymnastiques médicales comme souveraine contre les atteintes des articulations (rhumatismes) attribué à l’empereur Huang Di Vème à IIIème siècle av. J.-C.
Le « An-mo jing » (livre classique traitant des massages) attribué à Qi Bai conseiller de Huang Di livre perdu, composé vers 300 avant J.-C.
Texte traitant du massage, Mawangdui (IIème siècle av.J.-C.)
Ba duan jin ou huit précieux exercices en position assise
Accordé à Zhong Li Quan mystique taoïste (un des huit immortels taoïstes) Période des Han 206 av J-C/220 ap. J-C[4]
Wu qin xi
ou jeu des cinq animaux :
Le docteur Hua Tuo (111-208) développe une série de cinq mouvements imitant les animaux à l’attention de ses patients. Période des Han postérieurs[5]
Hua Tuo dans sa biographie avoue s’être inspiré des mouvements gymniques des taoïstes (tao yin) pour créer le wu qin xi. Annales des Han postérieurs
Influencée par le dhyâna indien[6], deviendra le zen au Japon.
Bodhidharma aurait composé cet enchaînement afin de permettre aux moines bouddhistes du monastère de Shaolin de supporter les longues séances de méditation.[7] A l’origine composé de 18 mouvements en rapport avec les 18 arhats bouddhistes, réduit à 12 par la suite.
Méthode attribuée à Sun Simiao[8] (médecin taoïste) basée sur l’émission de six sons en rapport avec les organes (chi pour les poumons, he pour le cœur, hu pour la rate, xu pour le foie, chui pour les reins, xi pour le triple réchauffeur) Début VIIème siècle.
Le général Yue Fei (1103-1142) serait le créateur de cet enchaînement en huit mouvements qu’il destinait à ses soldats.
Terme désignant la force issue du travail sur le qi et son utilisation martiale 1915 et 1929
Le ministère chinois de la santé reconnait officiellement l’intérêt thérapeutique du qi gong et encourage sa pratique[9]1955.
BIBLIOGRAPHIE
Huit exercices simples de qi gong pour votre santé Dr Yang Jwing-Ming
La bannière ; pour une dame chinoise allant au paradis C.Larre E.Rochat de la Vallée
La fièvre du qi gong D.Palmer
La moelle du Phénix rouge trad. C.Despeux
Les massages en médecine traditionnelle chinoise Ming Wong
Le taoïsme et les religions chinoises H.Maspero
Méditation taoïste I.Robinet
Se maintenir en bonne santé Li Jingwei et Zhu Jianping
Soins et techniques du corps en Chine, au Japon et en Inde Pierre Huard et Ming Wong
Tao yin Lien-Tao Ch’ang-Sheng Fa trad. Lê-Hu’o’ng
[1] C.Despeux considère l’expression qi gong comme la version moderne de yang sheng
[2] Voici le même extrait du chapitre X dans différentes traductions, par L.Wieger, puis par S.Julien et enfin par F.Houang et P.Leyris
[3] Voir le taoïsme H.Maspero
[4] P IV Tao-Yin Lien-Tao Ch’ang-Sheng Fa
[5] 25-220 ap J-C
[6] Selon I.Robinet, la première implantation d’un monastère bouddhiste a eu lieu en Chine en 65
[7] Il est difficile de dater avec précision l’arrivée de Bodhidharma en Chine, l’existence même de ce personnage est mise en doute.
[8] Voir p 533 Le taoïsme et les religions chinoises H.MASPERO
[9] Cité par C.Despeux
Extrait de l'introduction de cet ouvrage, une définition de l'excellence des pratiques d'origine chinoise :
Selon Landsman deux règles régissent le concept de la santé en Chine:
"1 "Ne pas user son destin". l"expression est de Marcel Granet (1). Doù ce sens de la modération, d'où se conformer à une hygiène sexuelle, alimentaire et vraisemblablement sociale. Cette dernière esentiellement une forme de comportement.
2. Contribuer à l'accroissement de sa puissance vitale individuelle. D'où l'exercice respiratoire, l'exercice de santé, les arts martiaux, les pratiques diverses de l'entretien du corps et de son bien-être."
Ce livre majeur sur les massages d'origine chinoise décrit trois procédés de massages de santé.
A lire et à pratiquer
(1) Sinologue de renom
« La main et les doigts sont au service du cœur »
B.Bouheret
L’énergétique chinoise met en relation le toucher et le cœur, ils sont tous deux associés à l’élément feu dans la théorie des cinq éléments.
Essaylet fait remarquer[1]que la tactilité est répartie sur cinq niveaux, chacun de ceux-ci est relié à un organe, à une partie du corps et à un élément ; en voici la liste du plan le plus profond au plan le plus superficiel:
Les mains et les doigts sont au service du cœur, ils en sont le prolongement, ils écoutent et reçoivent les sensations récoltées au travers de leurs mouvements. D’après le Su Wen[2], Xin (le cœur) commande la langue, son expression est le rire, son sentiment la joie. Le cœur est relié à la langue et à la bouche, donc à la parole, si la voix du thérapeute peut être empreinte de joie sereine au cours du protocole, elle apportera son lot à l’échange global du shiatsu.
[1] P 236 Les cinq chemins du clair et de l’obscur
[2] P 54 Nei Tching Sou Wen traduit par J.A Lavier PARDES
(extrait de Posture et Shiatsu mémoire de T.Lambert rédigé au cours de sa formation auprès de l'ARTEC)
Ceci ne prétend pas évidemment résumer le shiatsu en quelques lignes, il s'agit bien d'une reflexion personnelle sujette à de nombreuses erreurs et imperfections, veuillez bien en excuser l'auteur. Faîtes- moi cependant part de vos commentaires.
La capacité de concentration d’énergie et d’action directe ; agir avec moins d’effort pour plus d’efficacité
Ce premier principe du Hakko Ryu semble être partagé par de nombreuses disciplines, la formule favorite du créateur du judo (littéralement voie de la souplesse) ; Jigoro Kano était « Seiroku Zenyo » (meilleur usage de l’énergie) Le premier principe de l’école taoïste du Ling Bao Ming ; « Shi Ban Gong Bei » se traduit par « minimum d’effort pour le maximum d’effet ».[1] Ce principe est enraciné dans la pensée asiatique depuis bien longtemps, on en trouve trace dans un des textes les plus importants du taoïsme le Zhuang Zi, on attribue à Kung Fu Zi (Confucius) cette sentence en tout point semblable au premier principe du Hakko Ryu Ju Jitsu
« Agir avec le minimum d’effort et obtenir le maximum de résultats, telle est la voie du saint »
En utilisant le minimum d’effort musculaire et mental, l’énergie circule sans entraves. La dureté, les tensions freinent la circulation de l’énergie. C’est pour cela que nous trouvons ce principe dans ces différentes écoles traditionnelles alliant martial et santé. L’idée consiste à utiliser l’énergie (Qi ou Ki en japonais) plutôt que la force (LI)
Hara ou Fukubu, ou encore Onaka (signifiant centre honoré),
en chinois Fu (Ricci 1640) Ventre (considéré anciennement comme le réceptacle général des souffles qui constituent l’essence de
l’homme)
Voici quelques qualités du Hara par Dürckheim[2] :
Ce qui est essentiel dans le caractère de l’homme et dans sa conception de vie
Les images contenues dans l’idéogramme nous donne : le pied qui gravit des marches, symbole de répétition + la chair. La chair épaisse qui se répète est celle d’un ventre bien rempli. Par extension, fond du cœur, pensée intime.
MDK p126[3]
Lorsque l’on possède un Hara développé, toute action, toute activité, tout art part du ventre, il s’agit du Haragei (art du ventre) Durckheim précise que le Hara n’est pas spécifiquement japonais, il considère cette recherche du centre (le Hara) comme une recherche universelle. Il précise encore et cela a son importance pour notre sujet : « Plus l’homme est ancré dans le Hara, plus il lui est facile d’être présent dans le hic et nunc. Il sera alors caractérisé, non par la dispersion, mais par la concentration, le recueillement. »
Ceci met en valeur l’importance des pratiques méditatives cherchant à développer la conscience du centre (le Hara ou Dantian en chinois ou centre de gravité pour l’Occident) Ces pratiques permettent au praticien de shiatsu de trouver ce centre et de le conserver, ceci lui ouvre la porte de Xu Xin (cœur vide) qui peut s’appuyer ainsi sur cette aisance physique et mentale consécutive à l’obtention du Haragei.
Définitions :
Le centre de gravité est le point où les forces gravitationnelles et ascendantes du corps s’équilibrent, il se situe à peu près au niveau de la troisième lombaire.
D’après Dürckheim le Tanden (en japonais) ou Dantian (en chinois signifiant champ de cinabre) est le centre de gravité qui se manifeste dans le Hara solidement acquis, Kikai étant le point sous le nombril (ou Qi Hai en chinois traduit par mère de l’énergie)
« Le centrage consisterait à tout organiser autour de ce point (le centre de gravité). Mais ce point n’est pas fixe car dès que l’on modifie une posture sa position se trouve plus ou moins changée. Dans le mouvement, nous pouvons dire qu’il est en perpétuel déplace ment ; il suffit de mouvoir un bras pour que le centre prenne une autre position. Par un jeu de réactions réflexes d’adaptation à une nouvelle posture, le corps va réagir par l’action musculaire, en faisant adopter une nouvelle attitude qui vient conforter l’ensemble structurel dans son souci d’équilibre. »[4]
Le centre de gravité se déplace suivant la position du corps, il peut être plus ou moins bas suivant la posture ou la position. S’il en est ainsi le centre de gravité et le Hara peuvent donc ne pas coïncider suivant les positions corporelles.
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L’axe |
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Vision occidentale
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Vision chinoise
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trou occipital |
Bai Hui (point d’acupuncture 20 vaisseau gouverneur) |
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axis |
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4ème dorsale |
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Centre de gravité ; le corps de la 3ème lombaire[5] |
Hara ou Tanden (en japonais) ou Dantian ( en chinois) |
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Hui Yin (pont d’acupuncture 1 vaisseau conception) |
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centre de la surface de sustentation |
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Le Hara ne représente pas uniquement le centre de gravité, il appartient aussi à l’axe corporel. A partir de celui-ci, s’ordonnent tous les mouvements du tronc et des membres. Ceux-ci utiliseront un effort moindre pour se développer, nous retrouvons là l‘esprit contenu dans le principe : « minimum d’effort, maximum d’efficacité »
Équilibre/déséquilibre
« L’équilibre chez l’être humain est un déséquilibre permanent, sans cesse réajusté… »[6]
Equilibre :
La verticale (axe corporel présumé) qui passe par le centre de gravité est à l’aplomb de la surface d’appui appelée surface de sustentation sur laquelle reposent les pieds.
Perte d’équilibre :
Il y a perte d’équilibre si la projection de cette verticale sort de la surface de sustentation :
L’homme statique :
La convergence de deux forces se résout au niveau du centre de gravité ; la première force provient du bas, elle est ascendante réagissant à la pesanteur, la seconde force est descendante, elle provient du maintien de l’équilibre de la tête (horizontalité du regard)
Le phénomène vie se caractérise par le mouvement et va donc à l’encontre de cette stabilité.
L’homme en mouvement sans déplacement :
La convergence des deux forces ne coïncident pas avec le centre de gravité, ce léger décalage offre une possibilité de mouvement sans que l’équilibre ne soit rompu.
Tout mouvement du corps même le plus tenu crée un déséquilibre. L’équilibre est donc un perpétuel déséquilibre...
[1] Traité d’énergie vitale G.Charles p 140/141
[2] Hara centre vital de l’homme Karlfried Graf Dürckheim
[3] Mémento et dictionnaire des Kanji J.C Martin, en simplifiant pour ne pas charger le texte, j’indiquerai à chaque fois MDK pour ce livre.
[4] P 20 Yangjia michuan taiji quan tome 2 C.Jeanmougin
[5] P 83 Le livre du dos G.Roulier
[6] P 22 yangjia michuan taiji quan Tome 2 C.Jeanmougin
(extrait de Posture et Shiatsu mémoire de T.Lambert rédigé au cours de sa formation auprès de l'ARTEC)
Ceci ne prétend pas évidemment résumer le shiatsu en quelques lignes, il s'agit bien d'une reflexion personnelle sujette à de nombreuses erreurs et imperfections, veuillez bien en excuser l'auteur. Faîtes- moi cependant part de vos commentaires.
La médecine chinoise » un film de Klaus Hipfl et Werner Fitzthum de 2004, deuxième partie.
Reportage sur le centre de médecine traditionnelle et à l’université traditionnelle de médecine chinoise de Chengdu ; cours théoriques et pratiques de médecine chinoise, cours de médecine occidentale, connaissance de la pensée chinoise et de la langue (étude approfondie des caractères) et taiji quan sont le lot des étudiants.
~Commentaires~