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~Extrait de la biographie du Dr Hua Tuo (111-208)~

 

« Le corps a besoin de mouvements modérés. En le remuant et le balançant de droite et de gauche, le souffle issu des céréales est convenablement réparti et assimilé. Le sang circule bien, et les maladies ne peuvent pas naître. Il en est du corps humain comme du gond d'une porte qui ne rouille jamais… »

Annales des Han postérieurs

 

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Voici une  historiette amusante appartenant au Lie Zi (Lie-tzeu ou Lie-tseu) au chapitre 5 du « vrai classique du vide parfait », nous y trouvons une intéressante allusion aux liaisons entre les organes et les sens.

 

 

 

« L’empereur Mou[1] des Tcheou étant allé chasser à l’ouest, franchit les monts K’ounn‑lunn, alla jusqu’à Yen­chan, puis revint vers la Chine. Sur le chemin du retour, on lui présenta  un artiste nommé Yen-cheu.

— Que sais-tu faire ? lui demanda l’empereur.

— Que Votre Majesté daigne me permettre de le montrer, dit l’artiste.

— Je te donnerai un jour, dit l’empereur.

Quand le jour fut venu, Yen-cheu se présenta devant l’empereur, avec une escorte.

— Qui sont ceux-ci ? demanda l’empereur.

— Ce sont mes créatures, dit Yen-cheu ; elles savent jouer la comédie.

L’empereur les regarda stupéfait. Les automates de Yen-cheu  marchaient, levaient et baissaient la tête, se mouvaient comme des hommes véritables. Quand on les touchait au menton, ils chantaient, et fort juste. Quand on leur prenait la main, ils dansaient, en cadence. Ils faisaient tout ce qu’on peut imaginer.

L’empereur décida de les donner en spectacle à son harem. Mais voici que, tout en jouant la comédie, les automates tirent des œillades aux dames. Furieux, l’empereur allait faire mettre Yen-cheu à mort, croyant qu’il avait frauduleusement introduit des hommes véritables.

Alors celui-ci ouvrit ses automates, et montra à l’empereur qu’ils étaient faits de cuir et de bois peint et verni. Cependant tous les viscères étaient formés, et Yen-cheu  démontra à l’empereur, que, (conformément à la physiologie chinoise), quand on enlevait à un automate son cœur, sa bouche devenait muette ; quand on lui enlevait le foie, ses yeux ne voyaient plus ; quand on lui enlevait les reins, ses pieds ne pouvaient plus se mouvoir. 

— C’est merveilleux, dit l’empereur calmé ; tu es presque aussi habile que le Principe auteur de toutes choses ;

Et il ordonna de charger les automates sur un fourgon, pour les rapporter à sa capitale.

Depuis lors on n’a plus rien vu de semblable. Les disciples de Pan-chou l’inventeur de la fameuse tour d’approche employée dans les sièges, et de Mei-ti le philosophe inventeur du faucon automatique, pressèrent vainement ces deux maîtres de refaire ce que Yen-cheu avait fait. Ils n’osèrent même pas essayer (la force de volonté capable de produire la continuité efficace leur manquant).»

 

Sources :

 Les pères du système taoïste L.Wieger Cathasia



[1] Le roi Mu ou  Muwang 5ème empereur de la dynastie des  Zhou (-1121, -256), il  régna de -1001 à -946

 (la traduction de Wieger utilise la transcription de l’école française d’Extrême-Orient et non le pinyin, ce qui explique ces différences de transcription du chinois dans notre langue.

 


Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 10:37
- Par T.Lambert - Publié dans : Pensée chinoise - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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