Partager l'article ! Glossaire des termes désignant les exercices de santé chinois, aujourd’hui sous l’appellation qi gong: « Tableau de ...
« Le corps a besoin de mouvements modérés. En le remuant et le balançant de droite et de gauche, le souffle issu des céréales est convenablement réparti et assimilé. Le sang circule bien, et les maladies ne peuvent pas naître. Il en est du corps humain comme du gond d'une porte qui ne rouille jamais… »
Annales des Han postérieurs
« Tableau de dao yin » (extrait) Tombeau de Mawangdui IIème siècle av.J.-C.
Si aujourd’hui on regroupe habituellement sous l’expression qi gong[1] l’ensemble des méthodes de santé chinoises, il n’en a pas été toujours ainsi, ces pratiques se sont présentées sous une grande variété d’appellations, certaines subsistent encore de nos jours, les techniques de dao yin ou tao yin en sont un exemple. Voici un lexique non exhaustif de procédés qui visent la protection physique, l’entretien de la santé, le prolongement de la vie, et même l’immortalité, et possèdent en outre une dimension spirituelle !
Technique respiratoire qui consiste à concentre son souffle sur la région du dantian inférieur localisé en dessous du nombril.
« …S’appliquer à ce que l’air inspiré, converti en âme aérienne, anime ce composé, et le conserve intact comme l’enfant qui vient de naître…»[2]
ou encore « …S’il dompte sa force vitale et la rend extrêmement souple, il pourra être comme un nouveau né… »
et aussi « …Peux-tu, en concentrant ton souffle, devenir aussi souple qu’un nouveau né… »
Lao Zi chapitre X Dao De jing IIIème- IIème av. J.-C.
C’est ainsi que Zhuang Zi (369-286 av. J-C) décrit la gymnastique respiratoire de longévité de Peng-t’sou dans son chapitre XV.
« Qui expire et aspire en soufflant fort et en soufflant faible, qui crache l'air vicié et absorbe l'air frais » Zhuang Zi chapitre XV
«… Qui se suspend comme un ours et s'étire comme l'oiseau, celui-là ne recherche que la longévité… » Zhuang Zi chapitre XV
Ensemble de procédés complexes d’influence taoïste dont les techniques de souffle (rétention, expulsion, conduite, circulation, fonte dont respiration embryonnaire tai xi), les gymnastiques, ces méthodes s’associaient à d’autres pratiques telles que l’abstinence des céréales, des régimes diététiques,[3]et aussi prières, grincements de dents, méditation, exercices de vision intérieure, formules magiques, emploi de talismans, et d’autres recettes encore.
Ces deux termes désignent le massage chinois composé de multiples manœuvres possédant une action circulatoire et éliminatoire
Le « Huang-di Nei-Jing su wen » (Questions fondamentales du livre classique traitant de l’interne) décrit les massages, mobilisations et gymnastiques médicales comme souveraine contre les atteintes des articulations (rhumatismes) attribué à l’empereur Huang Di Vème à IIIème siècle av. J.-C.
Le « An-mo jing » (livre classique traitant des massages) attribué à Qi Bai conseiller de Huang Di livre perdu, composé vers 300 avant J.-C.
Texte traitant du massage, Mawangdui (IIème siècle av.J.-C.)
Ba duan jin ou huit précieux exercices en position assise
Accordé à Zhong Li Quan mystique taoïste (un des huit immortels taoïstes) Période des Han 206 av J-C/220 ap. J-C[4]
Wu qin xi
ou jeu des cinq animaux :
Le docteur Hua Tuo (111-208) développe une série de cinq mouvements imitant les animaux à l’attention de ses patients. Période des Han postérieurs[5]
Hua Tuo dans sa biographie avoue s’être inspiré des mouvements gymniques des taoïstes (tao yin) pour créer le wu qin xi. Annales des Han postérieurs
Influencée par le dhyâna indien[6], deviendra le zen au Japon.
Bodhidharma aurait composé cet enchaînement afin de permettre aux moines bouddhistes du monastère de Shaolin de supporter les longues séances de méditation.[7] A l’origine composé de 18 mouvements en rapport avec les 18 arhats bouddhistes, réduit à 12 par la suite.
Méthode attribuée à Sun Simiao[8] (médecin taoïste) basée sur l’émission de six sons en rapport avec les organes (chi pour les poumons, he pour le cœur, hu pour la rate, xu pour le foie, chui pour les reins, xi pour le triple réchauffeur) Début VIIème siècle.
Le général Yue Fei (1103-1142) serait le créateur de cet enchaînement en huit mouvements qu’il destinait à ses soldats.
Terme désignant la force issue du travail sur le qi et son utilisation martiale 1915 et 1929
Le ministère chinois de la santé reconnait officiellement l’intérêt thérapeutique du qi gong et encourage sa pratique[9]1955.
BIBLIOGRAPHIE
Huit exercices simples de qi gong pour votre santé Dr Yang Jwing-Ming
La bannière ; pour une dame chinoise allant au paradis C.Larre E.Rochat de la Vallée
La fièvre du qi gong D.Palmer
La moelle du Phénix rouge trad. C.Despeux
Les massages en médecine traditionnelle chinoise Ming Wong
Le taoïsme et les religions chinoises H.Maspero
Méditation taoïste I.Robinet
Se maintenir en bonne santé Li Jingwei et Zhu Jianping
Soins et techniques du corps en Chine, au Japon et en Inde Pierre Huard et Ming Wong
Tao yin Lien-Tao Ch’ang-Sheng Fa trad. Lê-Hu’o’ng
[1] C.Despeux considère l’expression qi gong comme la version moderne de yang sheng
[2] Voici le même extrait du chapitre X dans différentes traductions, par L.Wieger, puis par S.Julien et enfin par F.Houang et P.Leyris
[3] Voir le taoïsme H.Maspero
[4] P IV Tao-Yin Lien-Tao Ch’ang-Sheng Fa
[5] 25-220 ap J-C
[6] Selon I.Robinet, la première implantation d’un monastère bouddhiste a eu lieu en Chine en 65
[7] Il est difficile de dater avec précision l’arrivée de Bodhidharma en Chine, l’existence même de ce personnage est mise en doute.
[8] Voir p 533 Le taoïsme et les religions chinoises H.MASPERO
[9] Cité par C.Despeux
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