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historique

Mardi 19 décembre 2006

 

 

 

Silencieux et vide,  

Indépendant et inaltérable,  

Il circule partout sans se lasser jamais,  

On peut le considérer comme  

La mère du monde entier  

Ne connaissant pas son nom  

Je le dénomme « Tao »[1] 

 

  

 

La médecine chinoise puisse ses racines dans les temps antiques, rien ne vient attester de l'existence réelle des inventeurs de la médecine chinoise, ceci relève des mythes fondateurs de la Chine ancienne. La création ou la découverte des trigrammes, l'utilisation des plantes comme remèdes et l'utilisation des poinçons de pierre pour agir sur les points d'énergie ont été attribuées à trois personnages légendaires des temps mythiques.

   

 

ORIGINE DE LA MEDECINE CHINOISE

3 PERSONNAGES

FU

XI

SHEN NONG

HUANG

DI

3 DECOUVERTES

Les trigrammes

Les remèdes

L'acupuncture

3

 TEXTES

Yi

 Jing

Shen Nong Ben Cao Jing  

Nei Jing

 Su Wen

 

  

FU XI ; LE PREMIER DES TROIS AUGUSTES

 

FU XI  serait à l'origine de la chasse, de la pêche, de la cuisson des aliments, de l'élevage, des constructions des maisons, du calendrier, de l'utilisation des métaux, des cordes nouées et des trigrammes.

  

Au sujet de l''invention de ces trigrammes, deux sources différentes semblent s'opposer, la tradition raconte que FOU XI reçut du ciel par l'intermédiaire d'un cheval-dragon un tableau qui lui permit d'inventer les trigrammes. La deuxième source provient du Yi JIng ;  dans le grand commentaire (Da Zhuan) est  exposé l'histoire de la civilisation chinoise en rapport avec les hexagrammes du Yi Jing dans laquelle FOU XI fait figure de fondateur de la nation chinoise où son sens d'observation et son esprit pénétrant s'unissent pour mettre en forme les trigrammes.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'INFLUENCE DU CIEL ; LE TABLEAU DU FLEUVE 

 

 

 

 

FU XI aurait reçu d'un cheval dragon le HE TU (le tableau du fleuve), Symboliquement l'apparition d'un dragon annonce une bonne nouvelle ou un changement très bénéfique.

 

L'étymologie de l'idéogramme TU  nous indique ceci (Wieger76 F) :Les combinaisons qu'il faut faire dans sa tête pour arranger son grenier quand on   a   plus de grains qu'on ne peut en loger.

Sens étendu ;

Méditer

Combiner

Projeter

Plan

calcul

  

L'idéogrammel TU n'a pas seulement le sens de plan ou de tableau mais aussi celui de réfléchir, de combiner, ou de créer quelque chose avec l'esprit .  Nous verrons plus loin que la contemplation du diagramme du HE TU a influencé FOU XI pour créer les trigrammes. Tout n'a pas été donné par le ciel, l'influence céleste a sans conteste  favorisé une création humaine en donnant le HE TU au fondateur de la nation chinoise mais celui-ci a su à partir des données du ciel créer un système de classification à partir des nombres, et du ciel et de la terre.

 Philastre voyait dans ce cheval dragon le symbole du lever du soleil (le dragon) son coucher (le cheval) dans les figures du tableau (les points ronds noirs ou blancs) des astres et constellations et dans les trigrammes les phases de la lune. Pour lui la base fondamentale du Yi Jing  est une observation astronomique !

 

           Voici à quoi ressemble le tableau tel que les néo-confucianistes l'on présenté sous la dynastie des Song (960-1279) Ce tableau était composé de figures ; points ronds blancs ou noirs groupés dans un certain ordre.  

 

C'est l'origine de cinq éléments à partir des nombres pairs et impairs : 

 

  • L'eau au nord  naît du 1 du ciel qui s'associe au 6 de la terre
  • Le feu au sud  naît du 2 de la terre qui s'associe au 7 du ciel
  • Le bois à l'est naît du 3 du ciel qui s'associe au 8 de la terre
  • Le métal à l'ouest naît du 4 de la terre qui s'associe au 9 du ciel
  • La terre naît du 5 du ciel qui s'associe au 10 de la terre

           Ce tableau est l'association de deux systèmes de pensée, l'un issu du Yue Ling (traité sur le calendrier) qui indique l'emplacement que le fils du ciel (l'empereur) doit occuper quand il édicte les ordonnances mensuelles sur l'emplacement du Ming Tang (bâtiment à cinq salles disposées en croix) ceci en suivant les saisons  ; les nombres étant associés aux saisons. L'autre système est issu du Hong Fan qui associe les nombres aux éléments ; eau, bois, feu, terre, métal.

 

Le don du Ciel (le tableau du fleuve) influença FOU HI au point d'inventer à partir de cette vision la combinaison des traits pleins et discontinus.

 

LA CREATION DES TRIGRAMMES ; FOU XI OBSERVE ET INVENTE

 

 

 

Alors que dans les temps anciens FOU XI gouvernait le monde, il leva les yeux et contempla les images du ciel, il abaissa les yeux et contempla les phénomènes de la terre. Il contempla les signes des oiseaux et des animaux et leur adaptation aux régions. Il procéda directement à partir de lui-même et indirectement à partir des choses. Il inventa ainsi les huit trigrammes pour entrer en connexion avec les vertus des dieux lumineux et classer les conditions de tous les êtres. (Le grand commentaire, chapitre II  histoire de la civilisation §1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Ici point de révélation par un animal messager du ciel (le dragon), FOU XI observe, s'imprègne des choses au dessus, en dessous, en lui et autour de lui. Ces observations l'amène à inventer les trigrammes donnant aux humains la possibilité de communiquer avec le ciel.

 

 

 

Il fit des cordelettes nouées et les utilisa comme filets et comme nasses pour la chasse et la pêche. Il tire probablement cette invention de l'hexagramme CE QUI S'ATTACHE (le grand commentaire chapitre II histoire de la civilisation §2)

 

  

 

 

 

 

 

 

 

L'image de l'hexagramme n°30  LI   aurait suggéré à FOU XI l'invention des cordelettes nouées,  donc de la chasse et de la pêche (l'hexagramme qui est partagé à l'intérieur et fermé à l'extérieur est l'image des mailles d'un filet dans lequel les animaux restent attachés)

 

  

IMAGE ET YIN YANG

  

         L'origine des trigrammes provient du Taiji, celui-ci laisse apparaître plusieurs images ; la poutre faîtière, et le clair et le sombre.

 

 La poutre faîtière

 Ji  est originellement une poutre faîtière :

  

Il s'agit d'un simple trait  

A partir cette unité, la dualité apparaît à travers les opposés tels que le haut et le bas, la droite et la gauche, le devant et le derrière. Ces opposés sont devenus ensuite le yin et le yang.

 

 Le clair et le sombre

  

Le yin yang exprime aussi l'image de deux vallées, l'une exposée au Sud correspond au clair, l'autre exposée au Nord correspond au sombre. Ces images donneront naissance au diagramme du yin yang.  Notons qu'ici aussi, nous trouvons une rivière qui délimite les deux vallées, certainement le fleuve jaune qui a vu naître la nation chinoise.

 

 

 

 

 

 

 LES TRIGRAMMES

 

 

 

        

  

 

 

 

Le grand premier commencement (Tai Ji

 

 

 

 

  

 

 

 

engendre les deux puissances fondamentales (Yi) :

 

  

 le yin (l'obscur)                 

 

  

 le yang (le lumineux)          

 

 

Les deux puissances fondamentales engendrent les quatres images (Xiang) :

 

  

 le vieux yang ou grand yang (tai yang) correspond à la saison de l'été

 

 

 

  

le vieux yin ou grand yin (tai yin) correspond à la saison de l'hiver

 

 

 

 

  

          

le jeune yang ou petit yang (shao yang) correspond à la saison du printemps

 

 

 

 

 

 le jeune yin ou petit yin (shao yin) correspond à la saison de l'automne

 

 

 

 

Les quatre images engendrent les huit trigrammes (Gua)

   (Da Zhuan le grand commentaire chapitre XI § 5)

 

 

YI JING ET MEDECINE

 

 

Le maître dit : « Reconnaître les germes est assurément divin. L’homme noble ne flatte pas dans ses rapports avec les supérieurs, il n’est pas arrogant dans ses rapports avec les inférieurs. Il connaît assurément les germes. Les germes sont le premier, l’imperceptible commencement du mouvement, la première trace de fortune (ou d’infortune) qui se manifeste. L’homme noble voit les germes et agit aussitôt. Il n’attend pas le jour entier. (Da Zhuan, le grand commentaire chapitre IV § 11)

 

 

 

 

 

 

          A.Cheng met en évidence dans son chapitre consacré à « l’infime amorce », l’importance donnée aux germes des événements. Dans le Yi Jing, Kong Fu Zi (Confucius) insiste sur le terme Ji signifiant annonce d’un changement, ce terme est très proche de Yi du Yi Jing qui se traduit par mutations. Le Yi Jing permet par la pratique divinatoire d’entrer en contact avec le « sans- forme », cette acuité permet de discerner les germes des actions ou des événements futurs.

          C’est ce que cherche le médecin chinois, il scrute à travers les signes les plus tenus, les plus petits les germes d’un trouble ou d’une maladie avant qu’elle ne soit installée. Agir avant le que le mal ne s’installe, savoir reconnaître les germes de la maladie tels sont les préoccupations du médecin chinois en cela il se rapproche du sage.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

SOURCES :

Caractères chinois Wieger

Dictionnaire français de langue chinoise Ricci

Histoire de la pensée chinoise A.Cheng

La pensée chinoise M.Granet

Les signes et les mutations Wang Dongliang

Le Yi king traduit par Philastre

Yi King R.Wilhelm


 

[1] Lao-tseu Tao-tö king XXV Philosophes taoïstes Gallimard La Pléiade 

Par T.Lambert
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Lundi 5 février 2007

 

 

CE QUE REVELE LE YI JING SUR SHEN NONG

 

          Lorsque le clan de Pao Hi (autre nom de Fou Xi) eut disparu, vint le clan du divin Laboureur. Il fendit un morceau de bois pour en faire un soc et recourba un morceau de bois pour en faire un manche de charrue. Il enseigna au monde entier l'avantage qu'il y avait à ouvrir la terre à l'aide de la charrue. Il tira sans doute cette invention de l'hexagramme : L'AUGMENTATION. (Yi Jing Da Zhuan chapitre II § 3)

   

 

 

 

 

 

 

  

          La vue de l'image de l'hexagramme a pu faire naître  dans l'esprit de  SHEN NONG l'idée d'ouvrir la terre avec un morceau de bois permettant aux hommes d'alléger leur labeur. Fait étrange ; on prêtait auparavant un autre nom au personnage de SHEN NONG ; il s'agissait de YANDI ; celui-ci possédait une tête de boeuf. Voici ce que révèle l'idéogramme "l'augmentation".

L'hexagramme  n°42            

     

 

 

 

est composé des trigrammes 

 

et    

 

 

 

 

Ils sont tous deux rattachés au bois. Xun signifiant la pénétration et Zhen le mouvement.

D'autre part les deux trigrammes nucléaires [1]

 

  et 

sont rattachés à la terre.

De là, l'idée d'ouvrir la terre (le mouvement)  avec un instrument en bois ; la charrue.

 

 

 

 

 

 

          Alors que le soleil était au midi, il organisa un marché ; Il fit que les gens de la terre viennent et rassemblent les marchandises de la terre. Ils les échangèrent entre eux, puis s'en retournèrent et chaque chose trouva sa place. Il tira sans doute cette invention de l'hexagramme : MORDRE AU TRAVERS (Yi Jing Da Zhuan chapitre  II § 4)

   

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

 

 

 
L'hexagramme   "mordre au travers"                
   
                       

 

 

 

 se compose des trigrammes   

  (Li) soleil    

 

 

 

               et (Zhen) mouvement 

 

 

 

  • Zhen signifie aussi une grande route
  • Le nucléaire supérieur Kan signifie de l'eau qui s'écoule
  • Le nucléaire inférieur Gen signifie de petits sentiers

          Le tout donne l'idée d'une affluence sous le soleil, rien n'indique pourtant un marché. Remarquons la composition de l'hexagramme "mordre au travers" , on peut y voir une bouche ouverte dans laquelle il y a un obstacle représenté par le le quatrième trait.  Cet obstacle empêche l'union, il faut donc mordre énergiquement afin d'obtenir l'union, dit le Yi Jing.

 

          D'autre part, l'hexagramme YI n° 27 "les commissures des lèvres"  ou  "l'administration de la nourriture" représente une bouche ouverte. 

           Si le quatrième trait de l'hexagramme "mordre au travers" est un trait mutable ; ce quatrième trait étant un trait continu, sa transformation donnerait un trait discontinu,  on obtiendrait donc suite à cette transformation l'hexagramme YI  "l'administration de la nourriture". L'union des hommes (le marché) est ainsi réalisée.

          SHEN NONG aurait réussi à pacifier les hommes,  leur favorisant la vie en société. Il leur a donné les moyens de cultiver, donc de se nourrir sans craindre le lendemain et aussi de commercer, d'échanger avec les autres. Il fit oeuvre de civilisation.

 

 LES IDEOGRAMMES SHEN ET NONG

          Les sens contenus dans les idéogrammes SHEN et NONG nous en disent long sur l'influence qu'il a pu exercé sur les hommes.

 SHEN      

4317 (Ricci)

les esprits (les uns d'origine céleste, les autres étant des êtres humains divinisés ou canonisés) dieux, divinités, génies, principe vital supérieur, quintessence de l4énergie vitale supérieure, âme supérieure, esprit, vitalité, entrain, énergie, allant, prodigieux, merveilleux, surnaturel, miraculeux.

 

Le caractère SHEN se compose de :

 

 

SHI 

influences venant d'en haut, signes de bon ou de mauvais  augure. Par exemple le ciel instruit les hommes ; les deux lignes horizontales figurent le ciel, les trois lignes verticales expriment ce qui pend du ciel ; le soleil, la lune, les étoiles dont les mutations révèlent aux hommes les choses transcendantes (Wieger 3)

 

 

Et de SHEN       

le caractère ancien exprimait l'idée de l'expansion alternante des forces naturelles (Wieger 50 C)

 

 

NONG       

agriculture, cultiver la terre, agriculteur, cultivateur, paysan (Ricci 3704)

le laboureur, l'homme des champs (une tête, deux mains et l'aube) Wieger 50 Q

 

          SHEN NONG est la représentation symbolique des influences célestes sur la terre, l'idéogramme SHEN est associé au ciel, l'idéogramme NONG est associé à la terre. SHEN NONG inaugure l'ère de l'agriculture et de l'utilisation de la terre comme moyen de production et de commerce. L'homme apprend à se nourrir et à utiliser les plantes. SHEN NONG encore appelé YANDI frappait selon la légende les plantes(2) avec un bâton annelé afin d'en faire sortir les propriétés, il en aurait goûté soixante-dix par jour. Il se serait empoisonné en absorbant des plantes venimeuses. On le dit aussi découvreur du thé.

           Il est l'un des cinq empereurs associés chacun à une direction ; empereur du Sud, du Feu et du Soleil, les hommes et les plantes se tournent vers lui pour lui faire face afin d'absorber ses rayons (« ce qui pend du ciel »)  Peut-être cela provient-il d'un ancien culte au soleil ? Dans certaines représentations de SHEN NONG, la couleur de sa face est rouge.

 

On le considère comme l'auteur du Shen Nong Ben Cao Jing (matière médicale classique de Shen Nong). Ce texte  consacré à l'acupuncture et à la pharmacopée aurait plutôt été rédigé au 1er siècle av J.C. Dans cet ouvrage sont répertoriées plus de 400 drogues.

 

      Un courant de pensée s'est réclamé de l'esprit de SHEN NONG, il était d'usage d'associer un personnage illustre à un mode pensée afin de lui donner autorité.(3) SHEN NONG incarnait l'idéal politique de subvenir à ses besoins propres en cultivant la terre. Le chapitre 80 de Lao Zi exprime l'esprit de ces petites communautés :

  

 (Si je gouvernais) un petit royaume et un peuple peu nombreux, n'eût-il des armes que pour dix ou cent hommes, je l'empêcherais de s'en servir.
J'apprendrai au peuple à craindre la mort et à ne pas émigrer au loin.
Quand il aurait des bateaux et des chars, il n'y monterait pas. 
 Quand il aurait des cuirasses et des lances, il ne les porterait pas.   Je le ferais revenir à l'usage des cordelettes nouées.   Il savourerait sa nourriture, il trouverait de l'élégance dans ses vêtements, il se plairait dans sa demeure, il aimerait ses simples usages.
Si un autre royaume se trouvait en face du mien, et que les cris des coqs et des chiens s'entendissent de l'un à l'autre, mon peuple arriverait à la vieillesse et la mort sans avoir visité le peuple voisin.

 

Sources :  

 

Chine J.Pimpaneau

Histoire de la pensée chinoise A.Cheng

Lao-Tseu Tao Te King traduction S.Julien Mille et une nuits

Yi JIng Librairie de MEDICIS



(1) Les trigrammes nucléaires forment les quatre traits médians d?un hexagramme tout en se chevauchant mutuellement en utilisant leurs traits médians

(2)  P 169 Chine J.Pimpaneau

(3) P 166 167 Histoire de la pensée chinoise A.Cheng 

 

 

 

 

Par T.Lambert
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